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La conversion des églises au Québec, un siècle d’expérience(s)
Ce numéro d’ARQ, architecture-Québec explore différents exemples de transformation d’une église « afin de maintenir son statut d’oeuvre architecturale dans la société moderne (et laïque) d’aujourd’hui et de demain ».
« Recycler, selon la définition courante, c’est soumettre quelque chose à un recyclage et, plus précisément, à un nouveau passage : sous cet angle, l’architecture est conçue comme un cycle de traitements, appliqués à intervalles plus ou moins réguliers, en vue de permettre l’utilisation - on parle alors de « réutilisation » - des espaces construits et des bâtiments et de ramener ceux-ci, selon les sensibilités changeantes des époques, à leur état initial d’œuvres architecturales. (…) Bien en amont, la « conversion », elle, relève du sens qu’on accorde à ces choses. C’est ce procédé de conversion qui est directement en cause lorsqu’un bâtiment perd toute signification, au point d’être démoli : ainsi en fut-il des églises devenues bars ou discothèques, à Shawinigan (Christ-Roi) et à Hull (Our Lady of the Annunciation). »
(…) « La conversion, dès lors, concerne la compatibilité des fonctions – compatibilité fonctionnelle et compatibilité symbolique – de l’église et de ce qu’il pourra en advenir. Mais, plus encore, elle doit être le fait d’une reprise : l’avenir des églises se mesurera à notre capacité collective de prendre à nouveau, ce qu’on a cessé d’avoir, ce qu’on a abandonné, ce qu’on a laissé s’échapper. C’est à ce prix seulement que la conversion pavera la voie d’un recyclage réussi : or, reprendre les églises et les approprier revient, au-delà des accessoires questions de propriété, au geste architectural qui, seul, pourra redonner les églises à notre époque et les vouer à un avenir autre, un avenir dans lequel elles auront du sens. »
