Voici la veille documentaire en lien avec la présente thématique. 
Vous pouvez aussi effectuer une recherche par mots clés dans les archives

12 juillet 2007 - Patrimoine religieux

Un regard sur la religion de nos ancêtres

Théologien, spécialiste des religions populaires, écrivain, historien de la littérature et prêtre dominicain, Benoît Lacroix est, comme l'écrit Jacques Grand'Maison en 1981, « l'un des meilleurs témoins, au Québec, à titre de médiéviste et d'historien, de la tradition intellectuelle qui a façonné la pensée occidentale » (source).

Dans une entrevue accordée à la Revue Notre-Dame du Cap, le père Lacroix nous partage ici la vision qu’avait le monde ordinaire de la religion au début du siècle. Ce témoignage, en nous replongeant dans la symbolique de cette époque, rappelle l’importance du culte pour les ancêtres et la valeur de l’héritage du patrimoine religieux.

« J'ai toujours été fasciné par la question de la mémoire. Je suis âgé de 84 ans et je pense qu'il est normal que j'accorde de l'importance à mes souvenirs. La mémoire est une sorte de puissance intérieure. Je suis historien et je constate que la mémoire s'occupe du passé, l'imagination se préoccupe de l'avenir alors que l'intelligence concerne le présent. »

*Le père Lacroix sera l’invité d’honneur de la cérémonie d’ouverture des Jardins du précambrien, à Val-David, le samedi 14 juillet prochain.

Fondation du patrimoine religieux du Québec

« La Fondation a pour mission d'aider les représentants de communautés et de traditions religieuses, propriétaires d'édifices, de biens mobiliers et d'œuvres d'art d'intérêt patrimonial, à assurer la conservation et la mise en valeur de leurs biens patrimoniaux par la restauration et l'entretien préventif. » On trouvera sur le site Internet une gamme de ressources et de publications sur le sujet.

La Fondation est également l’éditeur d’un autre site, Les lieux de culte du Québec - www.lieuxdeculte.qc.ca, qui dresse l’inventaire des lieux de cultes au Québec et qui donne accès à une fiche d’information et des photographies pour chacun des édifices religieux érigés avant 1975.

La conversion des églises au Québec, un siècle d’expérience(s)

Ce numéro d’ARQ, architecture-Québec explore différents exemples de transformation d’une église « afin de maintenir son statut d’oeuvre architecturale dans la société moderne (et laïque) d’aujourd’hui et de demain ».

« Recycler, selon la définition courante, c’est soumettre quelque chose à un recyclage et, plus précisément, à un nouveau passage : sous cet angle, l’architecture est conçue comme un cycle de traitements, appliqués à intervalles plus ou moins réguliers, en vue de permettre l’utilisation - on parle alors de « réutilisation » - des espaces construits et des bâtiments et de ramener ceux-ci, selon les sensibilités changeantes des époques, à leur état initial d’œuvres architecturales. (…) Bien en amont, la « conversion », elle, relève du sens qu’on accorde à ces choses. C’est ce procédé de conversion qui est directement en cause lorsqu’un bâtiment perd toute signification, au point d’être démoli : ainsi en fut-il des églises devenues bars ou discothèques, à Shawinigan (Christ-Roi) et à Hull (Our Lady of the Annunciation). »

(…) « La conversion, dès lors, concerne la compatibilité des fonctions – compatibilité fonctionnelle et compatibilité symbolique – de l’église et de ce qu’il pourra en advenir. Mais, plus encore, elle doit être le fait d’une reprise : l’avenir des églises se mesurera à notre capacité collective de prendre à nouveau, ce qu’on a cessé d’avoir, ce qu’on a abandonné, ce qu’on a laissé s’échapper. C’est à ce prix seulement que la conversion pavera la voie d’un recyclage réussi : or, reprendre les églises et les approprier revient, au-delà des accessoires questions de propriété, au geste architectural qui, seul, pourra redonner les églises à notre époque et les vouer à un avenir autre, un avenir dans lequel elles auront du sens. »

Séminaire régional de Lanaudière sur la mise en valeur des églises

Ayant eu lieu le 1er juin dernier, le séminaire régional de Lanaudière sur la mise en valeur des églises rassemblait différents acteurs de la région de Lanaudière et avait pour objectif d’identifier des solutions concrètes pour sauvegarder le patrimoine religieux par la voie d’une concertation régionale.

Avec le concours du CLD de Montcalm, nous rendons disponible sur le portail Mes Sources, le cahier du participant de l’événement. Les résumés de conférence et les coordonnées des personnes-ressources pourront certainement alimenter la réflexion dans la MRC des Sources. Un DVD doit être produit à l’automne à partir des échanges nés de la rencontre.

« Nos églises occupent une place prédominante dans le paysage de nos campagnes et de nos villes ; elles habitent notre imaginaire et sont définitoires de notre identité. Ces monuments constituent bien souvent la principale fierté de nos régions : ce sont nos châteaux. Mais, l’avenir de ce patrimoine suscite de nombreuses réflexions au Québec depuis quelques années. La région de Lanaudière n’échappe pas à cette réalité. »

« En effet, un grand nombre de fabriques traversent présentement une période très difficile en regard de la gestion financière du patrimoine bâti dont elles ont la responsabilité. Il devient donc urgent de trouver des solutions pour éviter que nos églises souffrent davantage de cette situation qui n’ira pas en s’améliorant avec le temps. »

« Pour amorcer la réflexion sur l’avenir des églises dans Lanaudière, la Fabrique de Saint-Jacques et la Chaire de recherche du Canada en patrimoine urbain de l’ESG-UQAM, se sont associées pour organiser ce séminaire, rencontre d’exploration et de motivation qui s’adresse principalement aux élus municipaux et ceux des fabriques, aux gestionnaires du cadre bâti et aux activistes du patrimoine de Lanaudière. Il a pour objectif d’identifier des solutions concrètes pour sauvegarder notre patrimoine religieux par la voie d’une concertation régionale. »

« Cette journée de réflexion permettra de découvrir comment, dans plusieurs régions du Québec, des paroisses, des municipalités, des MRC et des acteurs du patrimoine ont entrepris de conserver et de mettre en valeur leurs églises sans plus attendre. Ces expériences — qui font l’objet des conférences — permettront d’alimenter les discussions en atelier dont l’objectif est de lancer une réflexion et des chantiers régionaux sur quatre thèmes :

  1. Les régimes de propriété : caractéristiques et potentialité
  2. Les outils réglementaires qui facilitent la conservation des églises
  3. Construire la notoriété : patrimonialisation et mise en tourisme
  4. La gestion et les structures financières »

Les églises du Québec - Un patrimoine à réinventer

Résumé du livre : « En 2004, on comptait au Québec près de 3 000 lieux de culte. Bien plus qu’ailleurs, ces églises ont profondément marqué le développement du paysage construit des villes et des villages et imprègnent l’imaginaire collectif des habitants et de leurs visiteurs. C’est ce qu’on appelle un patrimoine. Mais plus de la moitié d’entre elles seront désaffectées dans cette première décennie du XXIe siècle. Les paroisses, unités de base du territoire québécois, sont remodelées, élargies, renommées ; les églises, vendues, converties ou démolies ; peu de jours passent sans que l’une ou l’autre ne fasse la manchette. On savait déjà, dans les années 1960, qu’il y en avait beaucoup trop ; en restera-t-il quelques unes pour les générations futures ? »

« Dans le contexte du « tout patrimonial » qui requiert de l’État des fonds qu’il n’a pas, cet ouvrage, propose une réflexion sur le temps long du patrimoine. On y découvre, du XVIIe siècle au XX, le caractère identitaire changeant de ces hauts lieux de l’investissement collectif ; à travers les épopées de l’édification et de la conservation des églises, les auteurs nous convient à un récit sur l’imaginaire québécois. Et sur ses avatars, qui nous ramènent aux mésaventures universelles du patrimoine ; Les églises du Québec, un patrimoine à réinventer conduisent alors sur les chemins nouveaux de la patrimonialisation, là où les monuments ont un avenir. »

Libre opinion: Reprendre en main l'avenir des églises du Québec

Un article percutant d’une des auteurs du livre « Les églises du Québec, un patrimoine à réinventer » qui expose sa vision du changement majeur de perception imposé par la vague de fermeture des églises au Québec.

« Au Québec plus qu'ailleurs, les églises, surtout catholiques romaines, ont profondément marqué le développement rural et urbain, distinguent le paysage construit des villes et des villages et imprègnent l'imaginaire collectif des habitants et de leurs visiteurs. Mais voilà que la réduction du nombre de pratiquants et, surtout, l'émaciation de la population cléricale mettent en péril ce patrimoine. »

(..) « Plus profondément, on doit permettre à un nombre de plus en plus grand de Québécois de considérer les églises comme occupant une place importante dans leur imaginaire, dans la spatialisation de leur identité, bref, dans leur patrimoine: il faut patrimonialiser les églises. Ce grand chantier social, logé sous le thème de la «reprise» physique et imaginaire de nos églises, repose sur deux piliers. L'entreprendre, c'est d'abord transférer à la société civile la propriété des églises -- pas pour les confisquer mais pour les sauver, comme on protège nos rivières et nos forêts -- et aussi reconnaître qu'on ne sauvera guère plus de 40 % d'entre elles, celles dans lesquelles une collectivité projettera son avenir, c'est-à-dire celles pour lesquelles on aura d'abord trouvé, à court et à long terme, un usage. »

Avenir du patrimoine religieux: La commission formule 33 recommandations pour préserver ce patrimoine

Aussi bien localement qu’à échelle nationale des actions seront nécessaires pour s’assurer de la préservation du patrimoine religieux. Le 6 juin 2006, le président de la Commission de la culture, Bernard Brodeur, déposait à l'Assemblée nationale le rapport de la Commission sur l'avenir du patrimoine religieux. Elaboré dans le cadre d'un mandat d'initiative et intitulé "Croire au patrimoine religieux du Québec", le rapport et ses 33 recommandations se déclinaient en 4 thèmes: La connaissance, la protection, la transmission et la gérance du patrimoine religieux. L’article en référence énonce ces recommandations.

Les églises devront devenir multidisciplinaires

Aux prises avec une diminution du nombre de fidèles, certaines communautés "improvisent" présentement quant au sort de leur église. Attendant à la dernière minute avant d'agir, elles sont forcées de vendre la bâtisse chère à leurs yeux.

Pour mettre de l'ordre dans cette "période chaotique" que certains lieux de culte en péril traversent, Richard Gauthier propose quelques voies de salut. L'une d'elles réside en leur transformation.

"Plutôt que de tenir mordicus à ce que l'église soit juste un lieu religieux, une solution est la cohabitation", indique le titulaire d'un doctorat sur le devenir de l'art d'église au Québec.

Auparavant réservées uniquement aux activités religieuses, ces bâtisses devraient désormais devenir multidisciplinaires. Et il importe de repenser leur utilisation avant que la communauté soit acculée au pied du mur et doive vendre à tout prix.

Syndiquer le contenu