Ce numéro d’ARQ, architecture-Québec explore différents exemples de transformation d’une église « afin de maintenir son statut d’oeuvre architecturale dans la société moderne (et laïque) d’aujourd’hui et de demain ».
« Recycler, selon la définition courante, c’est soumettre quelque chose à un recyclage et, plus précisément, à un nouveau passage : sous cet angle, l’architecture est conçue comme un cycle de traitements, appliqués à intervalles plus ou moins réguliers, en vue de permettre l’utilisation - on parle alors de « réutilisation » - des espaces construits et des bâtiments et de ramener ceux-ci, selon les sensibilités changeantes des époques, à leur état initial d’œuvres architecturales. (…) Bien en amont, la « conversion », elle, relève du sens qu’on accorde à ces choses. C’est ce procédé de conversion qui est directement en cause lorsqu’un bâtiment perd toute signification, au point d’être démoli : ainsi en fut-il des églises devenues bars ou discothèques, à Shawinigan (Christ-Roi) et à Hull (Our Lady of the Annunciation). »
(…) « La conversion, dès lors, concerne la compatibilité des fonctions – compatibilité fonctionnelle et compatibilité symbolique – de l’église et de ce qu’il pourra en advenir. Mais, plus encore, elle doit être le fait d’une reprise : l’avenir des églises se mesurera à notre capacité collective de prendre à nouveau, ce qu’on a cessé d’avoir, ce qu’on a abandonné, ce qu’on a laissé s’échapper. C’est à ce prix seulement que la conversion pavera la voie d’un recyclage réussi : or, reprendre les églises et les approprier revient, au-delà des accessoires questions de propriété, au geste architectural qui, seul, pourra redonner les églises à notre époque et les vouer à un avenir autre, un avenir dans lequel elles auront du sens. »
Ayant eu lieu le 1er juin dernier, le séminaire régional de Lanaudière sur la mise en valeur des églises rassemblait différents acteurs de la région de Lanaudière et avait pour objectif d’identifier des solutions concrètes pour sauvegarder le patrimoine religieux par la voie d’une concertation régionale.
Résumé du livre : « En 2004, on comptait au Québec près de 3 000 lieux de culte. Bien plus qu’ailleurs, ces églises ont profondément marqué le développement du paysage construit des villes et des villages et imprègnent l’imaginaire collectif des habitants et de leurs visiteurs. C’est ce qu’on appelle un patrimoine. Mais plus de la moitié d’entre elles seront désaffectées dans cette première décennie du XXIe siècle. Les paroisses, unités de base du territoire québécois, sont remodelées, élargies, renommées ; les églises, vendues, converties ou démolies ; peu de jours passent sans que l’une ou l’autre ne fasse la manchette. On savait déjà, dans les années 1960, qu’il y en avait beaucoup trop ; en restera-t-il quelques unes pour les générations futures ? »