Lorsque l'on aborde la gestion ou la réduction des matières résiduelles, un concept peut être particulièrement intéressant. Mise de l'avant avec succès à plusieurs endroits dans le monde, "l'écologie industrielle" conçoit les entreprises d'une région donnée comme un grand écosystème.
"C'est ainsi qu'est apparu au début des années 90 le concept de "parc éco-industriel" (en anglais : eco-industrial park ou EIP). Il s'agit d'une zone où les entreprises coopèrent pour optimiser l'usage des ressources, notamment en valorisant mutuellement leurs déchets (les déchets d'une entreprise servant de matière première pour une autre). Toutefois, la notion de "parc" ne doit pas être comprise au sens d'une zone géographiquement confinée : un parc éco-industriel peut très bien inclure l'agglomération voisine ou une entreprise située à grande distance, si celle-ci est la seule à pouvoir valoriser un déchet rare qu'il serait impossible de traiter sur place. Pour cette raison, on parle de plus en plus de "réseaux éco-industriels", dont les parcs représentent un cas particulier. L'idée des parcs (ou réseaux) éco-industriels se distingue des traditionnelles pratiques d'échanges de déchets, car elle vise une valorisation systématique de l'ensemble des ressources dans une région donnée, et ne se contente pas simplement de recycler des déchets au coup par coup. L'exemple le plus célèbre de zone éco-industrielle se trouve au Danemark, dans la petite ville de Kalundborg (à une centaine de kilomètres à l'Est de Copenhague), où depuis une vingtaine d'années quelques grandes entreprises pratiquent une "symbiose industrielle" à grande échelle."