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Mes Sources - Vitrine sur la MRC des Sources, les gens qui l’habitent et les projets qui l’animent
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Inauguration de La place Mgr Bonhomme, sa famille et sa vie.

St-Camille_3186.jpg
30 septembre, 2010

L'ensemble des images de l'inauguration de La place Mgr Bonhomme, qui a eu lieu le 25 septembre 2010 à Saint-camille, est accessible à l'adresse qui suit jusqu'à la fin octobre 2010:

http://partage.messources.org/Photos_Inauguration_Place_MgrBonhomme_25sept2010.zip

 

 

LA FAMILLE BONHOMME

AU CANADA

A l'époque, Samuel de Champlain était gouverneur de la Nouvelle-France. Pour développer ce grand pays, il organisait des expéditions en partance de France. C'est ainsi que le 23 mars 1633, s'embarquèrent à Dieppe, 200 personnes à bord de trois bateaux: le Saint-Jean, le Saint-Pierre et le Don de Dieu. Le nom de NICHOLAS BONHOMME de Fécamp en Normandie figure sur la liste des passagers. Toutefois, le récit de Mgr Bonhomme diffère quelque peu puisqu'il mentionne 1638 comme date « possible» d'arrivée de son premier ancêtre au Canada, plus précisément aux Trois-Rivières. C'est à cet endroit qu'il rencontra CATHERINE GOUJET. Par la suite, ils contractèrent mariage à Québec le 2 septembre 1640, où ils s'établirent d'abord. En 1642, ils rentrent en France, probablement à Larochelle, l'endroit de naissance de leurs deux premiers enfants, Guillaume et Ignace, De retour à Québec en 1645, ils s'y établirent définitivement. Trois autres enfants s'ajoutèrent à la famille: Nicholas, Catherine et Marie. Maman Catherine, née en 1616 est décédée le 16 avril 1679 et papa Nicholas né en 1603 la suivit quatre ans plus tard, soit le 7 août 1683. Ils sont tous les deux inhumés à Québec. Six générations plus tard, naissait à Québec, DAMASE BONHOMME, le 18 juillet 1827. On peut supposer que sa famille déménagea dans la région de Valleyfield par la suite car c'est de là qu'il partit pour venir s'établir dans notre région. Voyons donc maintenant le récit de MGR BONHOMME relatant l'arrivée de son grand-père à SAINT-CAMILLE.

«DAMASE BONHOMME, mon grand-père paternel, partit de ST-TIMOTHEE près de Valleyfield à pieds, à travers les forêts et les rivières pour se rendre dans les Cantons de l'Est. Quand on parcourt aujourd'hui la même distance en voie ferrée ou en automobile, on se demande si un tel voyage par ce seul moyen de locomotion n'est pas un rêve ou une légende propre à faire rire les esprits sérieux de notre siècle. Cependant, nous sommes en face d'une pure réalité.

Dans les Cantons de l'Est, nous sommes en plein pays des bois francs. Les forêts vierges du temps étaient peuplées surtout d'érables, de merisiers, de hêtres et de bouleaux entremêlés d'épinettes, de pins et de d'autres essences en plus petit nombre. Il fallait des bras vigoureux soutenus par un courage de fer pour pousser ces forêts jusqu'aux dernières limites des lots concédés par les gouvernements.

Après un an de ce travail bien propre à abattre les courages les mieux trempés, grand-père Bonhomme vit briller devant lui les plus belles espérances. Il eut la ferme conviction qu'il pourrait se faire un heureux avenir.

Fort de cette conviction en l'avenir des Cantons de l'Est, il retourna à St-Timothée à la fin de 1851 et le 13 janvier 1852, il épousa dans cette paroisse, Emilie Desrosiers qui consentit à suivre son jeune époux au pays des aventures comme les gens de Valleyfield appelaient les <Townships> à cette époque. Le voyage se fit en charrette à boeufs, avec l'humble bagage que les jeunes mariés apportèrent comme chose de premières nécessités pour la ferme d'un colon, dans cette lointaine région située à l'autre bout du monde. Sans chemins, autres que ceux des pays de colonisation de cette époque, souvent en pleine forêt, sans ponts sur les rivières qu'il fallait traverser à l'endroit favorable pour ne pas être emporté par le courant. C'est ainsi que s'est effectuée cette randonnée de plusieurs semaines.

Grâce à cette énergie capable de tous les sacrifices, Damase Bonhomme sut vite surmonter les premiers obstacles des débuts. On vit bientôt au milieu des souches vertes solidement enracinées, lever le blé aux épis d'or en surabondance avec les autres produits de la terre qui assurent la vie aux colons, au moins pour tout ce qui est du nécessaire pour la famille. Le troupeau s'est multiplié comme par enchantement. De sorte qu'un grand-père passa pour un colon d'une certaine aisance parmi ses compatriotes. Plusieurs étaient venus le rejoindre de la paroisse même de St-Timothée entre autre, son beau-père Michel Desrosiers avec sa famille, son frère Ignace le plus jeune de la famille déjà marié dans sa paroisse d'origine et plusieurs autres de la même paroisse. Si bien que le rang 13 où habitait mon grand-père Bonhomme, fut appelé jusqu'à ces dernières années, St-Timothée»

Damase Bonhomme et Emilie Desrosiers s'installèrent sur le lot 13 du rang 14 (côté gauche en partant du rang 6) et eurent neuf enfants dont l'ainé fut Delphis Bonhomme né le 26 novembre 1853. Après avoir fréquenté quelques années à peine l'école du rang, Delphis dût consentir au sacrifice de l'exil pour aider son père à trouver le nécessaire à la subsistance de la famille. Encore enfant, il quitta son foyer pour aller travailler dans la grande république voisine, Il occupa des emplois d'aide fermier et travailleur de chantiers au Vermont et au nord de l'état de New York. De retour à St-Camille, il se livrait à tous les travaux avec son père qu'il a secondé jusqu'à l'âge de trente ans.

Entre temps, son père Damase s'était porté acquéreur du lot d'en face. (lot 13 rang 13 côté droit en partant du rang 6) de M. Ephrem St-Michel. Lorsque Delphis contracta mariage avec Léocadie Vigneux, le 30 octobre 1883, il reçu en partage de son père, la ferme familiale. Le papa Damase et les autres membres de la famille déménagèrent de l'autre côté du chemin.

De l'union de Delphis et Léocadie, naquirent 11 enfants dont le quatrième fut Joseph Cyprien le 29 janvier 1889. Pendant les premières années, les choses vont bien. Par la suite, des problèmes surgissent, les dettes s'accumulent, si bien que la famille doit envisager de quitter la ferme. En mai 1901, dans un premier temps, on déménage à Magog. Dans l'impossibilité de se trouver du travail à cet endroit, au mois d'août de la même année, c'est l'exil pour Burlington au Vermont USA. Des problèmes de santé viennent aggraver la situation. La famille connait alors une période de pauvreté voisine de la misère et beaucoup de souffrances. Au fil des ans, la situation se replace et en 1911, c'est le retour au Québec, d'abord à Bellerive près de Valleyfield puis en 1913, à St-Camille.

Delphis Bonhomme est décédé le 12 mars 1921 à St-Camille et inhumé dans le cimetière paroissial. Après la mort de son mari, Léocadie Vigneux s'en alla demeurer avec son père Louis à Wotton. Elle vendit sa ferme à son fils Camille qui la garda quatre ans. Elle en reprit possession en 1925 et la vendit à M. Adolphe Boutin en 1930. Elle quitta Wotton pour Nashua New Hampshire USA où elle décéda le 12 septembre 1946.

 

 

JOSEPH CYPRIEN BONHOMME

EVENEMENTS PRINCIPAUX

 

29-01-1889 - Naissance à St-Camille.

1895 à 1900 – Ecole Notre-Dame du rang 13 ( 6 à 11 ans )

Mai 1901 – Quitte St-Camille pour Magog avec sa famille.

Août 1901 – Quitte Magog pour Burlington Vermont USA.

1905 à 1907 – Externe au collège St-Michael de Winooski Vt USA.

1907 à 1912 – Juniorat du Sacré-Coeur d'Ottawa Ont,

1913 - Acceptation à ses premiers voeux. (Frère o.m.i.)

18-05-1918 – Ordonné prêtre. Chapelle du scolasticat St-Joseph, Ottawa Ont.
Par Mgr Ovide Charlebois

1919 - Vicaire paroisse Notre-Dame de Hull. Oeuvres sociales et syndicales.

Mai 1926 – Supérieur de la communauté. ( Toujours vicaire à Notre-Dame )

Juillet 1927 – Supérieur et curé paroisse Notre-Dame de Lourdes de Mont-Joli.

1930 à 1933 – Supérieur et curé à notre-Dame de Hull.

25-04-1933 – Vicaire apostolique du Basutoland. (Aujourd'hui, Lesotho Afrique du Sud)

28-05-1933 – Ordonné évêque par le cardinal Jean-Marie Rodrigue Villeneuve.
Eglise Notre-Dame de Hull.

10-10-1933 – Intronisé dans sa cathédrale à Rona par Mgr le délégué apostolique de l'Afrique du
Sud.

Février 1940 – Rentre au Canada. (guerre mondiale) Pendant 5 ans, prononce des sermons, donne
des conférences sur les missions et recueille des fonds pour les activités
apostoliques de l'Afrique du Sud.

31-01-45 – Retour au Basutoland. (Lesotho)

20-03-1947 – Démissionne de son poste de Vicaire apostolique du Basutoland.

27-04-1947 – Départ pour Laval-des-Rapides au canada.

1947 à 1949 – Actif pour les oeuvres en faveur des missions pour l'Afrique du Sud.

1950 à 1955 – Demeure dans l'Ouest canadien. Se livre à la prière, à l'étude et s'intéresse aux
missions indiennes.

1955-1973 – Rattaché à la maison de Sainte-Agathe-des -Monts. (diverses ocupations).

Mai 1961 – Voyage en Europe. Audience privée avec le pape, Sa Sainteté Jean XX111.

6-08-1973 – Décès à Ste-Agathe-des-Monts à l'âge de 84 ans.

8-08-1973 – Liturgie des funérailles célébrée en l'église Saint-Pierre Apôtre par Mgr Albert
Sanschagrin o.m.i., évêque de Saint-Hyacinthe assisté de 35 concélébrants.

Mgr Joseph Cyprien Bonhomme repose au cimentière Oblat de Richelieu Qc.
 

 

MGR JOSEPH CYPRIEN BONHOMME O.M.I.

SA MISSION PASTORALE

Il a été ordonné prêtre le 18 mai 1918 en la chapelle du scolasticat St-Joseph à Ottawa par Mgr Ovide Charlebois. L'année suivante, il est nommé en la paroisse Notre-Dame de Hull. Grandement impliqué dans les mouvements sociaux, syndicalistes et corporatifs, il ne tarde pas à se faire remarquer. En mai 1926, il obtient le poste de supérieur de la communauté de Notre-Dame de Hull. Pendant une autre année, il maintient son travail acharné auprès des gens de cette paroisse.

En juillet 1927, il est assigné aux postes de supérieur et de curé à Notre-Dame de Lourdes de Mont-Joli, diocèse de Rimouski. Il met tout son coeur au service de sa paroisse. Il s'occupe de la nouvelle église en construction, démolit l'ancienne et construit un grotte de Lourdes. En plus d'animer les oeuvres paroissiales déjà existantes, il en inaugure plusieurs autres en faveur des secteurs social, économique et agricole.

En mars 1930, il est de retour à Notre-Dame de Hull, cette fois en qualité de curé et supérieur. Il s'occupe très activement de sa paroisse et des oeuvres sociales de la région, plus spécialement en faveur des pauvres et de la colonisation durant cette période de crise économique mondiale. Les oeuvres de presse sont une priorité pour lui. Il s'implique auprès du journal « Le Droit d'Ottawa » et collabore activement au journal paroissial.

Le 25 avril 1933, au grand étonnement de tous, à l'âge de 44 ans, le père Joseph Cyprien Bonhomme est nommé Vicaire apostolique du Basutoland (Lesotho); lui-même n'en croit pas ses oreilles. Le 28 juin 1933, grande réjouissance à Hull. Le cardinal Jean-Marie Rodrigue Villeneuve, entouré de dignitaires, au cours d'une grandiose cérémonie, procède à l'ordination du nouvel évêque. Son départ pour l'Afrique s'effectue le 1er septembre de la même année. Le 10 octobre suivant, il est intronisé dans sa cathédrale à Roma par Mgr le Délégué Apostolique de l'Afrique du Sud.

Au Basutoland (Lesotho), les missions datent de 1862. A sa nomination en 1933, le territoire comprend une trentaine d'églises ou chapelles et de 120 à 130 stations visitées périodiquement par les missionnaires. Sur une population de 560 000 habitants, les catholiques sont au nombre de 78 301 et les catéchumènes 18 529. On peut s'imaginer la tâche à accomplir. Mgr Bonhomme s'empresse de visiter ses missions et réalise rapidement le besoin d'encouragement et de soutien autant pour les fidèles que pour les missionnaires. Parmi les nombreuses actions qu'il entend mettre de l'avant, on note: LA PROMOTION DU CLERGÉ INDIGÈNE appelé à diriger un jour sa propre Eglise.

L'ampleur de ses réalisations justifierait l'écriture d'un volume tout entier. En voici un aperçu sommaire. À son arrivée en territoire africain, une épidémie de typhus sévit depuis quelques temps. Il constate rapidement que les services de santé sont inadéquats dans ses missions. Il érige un 1er hopital à Roma qui ouvre ses portes le 1er janvier 1937 et un 2ème à Paray inauguré en février 1938. De nouveaux dispensaires sont ouverts dans les différentes missions; sous son épiscopat, ils passeront de 20 à 41. La promotion de la formation des infirmières est une de ses préoccupations. On est en plein développement. Missions, écoles, oeuvres de toutes sortes surgissent de terre. Durant son mandat, Mgr Bonhomme a procédé à 300 diverses constructions. Il instaure la force motrice dans une quinzaine de missions pour produire l'électricité, actionner les moulins à farine etc. Sa préoccupation majeure est celle des oeuvres religieuses et sociales; il mandate les élites des associations pieuses et forme des Comités de missions, des Comités de districts et un Comité vicarial, toujours dans l'esprit de voir le peuple se développer par ses propres moyens.

Sa grande force d'action se trouve dans ses missionnaires. Pendant ses 14 ans comme pasteur du Basutoland, on lui envoie 74 Pères et 24 Frères o.m.i. De plus, des membres de 4 congrégations religieuses viennent s'ajouter aux 5 déjà établies dont l'une depuis 1865. Parmi la population indigène, les prêtres sont passés de 1 à 17 et les religieuses de 80 à 257.

En début de février 1940, il quitte pour se rendre aux Etats-Unis au chevet de sa mère mourante. A son arrivée en mars, elle est toujours vivante et se remettra de sa grave maladie. La 2ème guerre mondiale persiste et l'insécurité maritime l'empêche de retourner en Afrique. Pendant cinq ans, au Canada et aux Etats-Unis, il concentrera ses énergies pour la cause de ses missions et celles de l'Afrique du Sud. Promotions, sermons, conférences, kiosques missionnaires, cueillettes d'honoraires de messes, articles de revues et de journaux et fondation de l « Oeuvre du Foyer inc » dont les revenus vont aux missions.

Finalement, le 2 février 1945, il rentre chez lui au Basutoland. Il reprend ses activités avec entrain et décision. Il visite ses missions et soutient les oeuvres en marche. Le 14 février 1946, la dernière année de son mandat, il lance une vaste organisation coopérative appelée: « Le mouvement coopératif ». Ce mouvement permet de travailler intimement à la libération d'un peuple esclave que l'on tient dans la pauvreté, même dans la misère pour mieux le dominer. Cette réalisation se veut le couronnement de ses oeuvres en terre africaine.

Mgr Bonhomme démissionna de ses fonctions le 20 mars 1947. Il rentra au Canada et occupa diverses fonctions dont 5 années dans l'ouest canadien. En 1955, il prit sa retraite définitive. Il fit un voyage en Europe en mai 1961 au cours duquel il rencontra le pape Jean XX111 en audience privée. A son retour, il écrivit un livre relatant les merveilles de ce pélerinage. Après une longue retraite, il s'est éteint à Ste-Agathe-des-Monts Qc , le lundi 6 août 1973 à l'âge de 84 ans. La liturgie des funérailles fut présidée par Mgr Albert Sanschagrin, o.m.i., évêque de St-Hyacinthe assisté de 35 concélébrants. Il repose au cimetière de Richelieu Qc.

POUR L'ENSEMBLE DE SES ACCOMPLISSEMENTS AU BASUTOLAND, MGR BONHOMME A ÉTÉ NOMMÉ OFFICIER DE L'ORDRE DE L'EMPIRE BRITANNIQUE (DIVISION CIVILE) LE PREMIER JANVIER 1938.
 

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