Veille sur les arts et la pratique culturelle en région

Qu'elle est la place de la culture et des arts en région, leur rôle et leur importance économique, sociale... Des villages font leur renommée avec la présence d'artistes ou sur la pratique culturelle.

Dans la MRC des Sources, St-Adrien a assurément une histoire qui lui est particulière du fait de l'installation, il y a quelques années, de plusieurs artistes professionnels et amateurs. Ce fut d'ailleurs le sujet d'une recherche sur la migration faite par Solidarité rurale du Québec.

Nous vous proposons un coup d'oeil sur les arts, la culture et le patrimoine à St-Adrien, dans la MRC des Sources et en région.

Quelques sites Internet d'artistes de St-Adrien et de la région

St-Adrien se démarque par la diversité des activités réalisées sur son territoire. Les productions agricoles et forestières traditionelles côtoient les productions de niche, alors qu’un grand nombre d’artisans, d’artistes et de travailleurs autonomes ont choisi ce beau coin de pays.

Aujourd'hui, ces artistes établis pavent la voie à une nouvelle génération qui apporte un dynamisme peu commun au village. Pour plusieurs, le Centre communautaire et culturel le Brin de Vie, qui offre une programmation régulière de spectacles musicaux d’artistes locaux ou en émergence, est le lieu de rendez-vous tout indiqué.

La relève artistique en Estrie

De 2008 à 2009, le Conseil de la culture de l'Estrie et la firme Extract Recherche Marketing ont développés dans le cadre du projet ORACLE - Outiller la relève artistique et culturelle de l'Estrie - une étude concernant les artistes âgés entre 18 et 35 ans, habitant la région de l'Estrie et cherchant à se professionnaliser.

L’objectif de l’étude était de produire un diagnostic des jeunes artistes de la région, afin de développer un plan d’action régional et de convaincre les partenaires régionaux et nationaux d’agir pour appuyer le développement de la relève en Estrie.

On y apprenait qu'il existe entre 431 et 531 artistes de la relève en Estrie, principalement établis à Sherbrooke (94%). 67 % d'entre eux ont un revenu personnel avant impôt de moins de 15 000$ et 69% d'entre eux sont des travailleurs autonomes.

Pour différentes raisons, 34 % des artistes de la relève prévoient quitter certainement (11 %) ou  probablement (23 %) l’Estrie au cours des 5 prochaines années.

On y apprend également qu'il y a actuellement une certaine adéquation entre les besoins en diffusion et promotion et l’offre des organismes sur le territoire estrien.Toutefois, il y a un déséquilibre entre le besoin important de support en gestion de carrière et l’offre plutôt faible des organismes de l’Estrie.

Pour en connaître plus:

Recherche: développement et revitalisation des collectivités rurales à l’aide des arts et de la créativité

Ce rapport examine la nature de l’activité culturelle dans les collectivités rurales, le contexte communautaire pour le développement des arts, le rôle des arts dans le développement économique et les stratégies de gouvernance.

Dans les collectivités rurales, les arts englobent les activités et les festivals générés localement ainsi que les tournées ou « visites ». L’engagement des bénévoles et la participation communautaire sont des facteurs importants dans la capacité culturelle locale. Le développement des technologies informatiques et de l’information, y compris des services Internet à large bande, sont importants pour attirer des travailleurs créatifs, pour le marketing des activités culturelles, et pour la « création et le partage d’information à base d’Internet ».

Le rapport propose un schéma qui formule une hypothèse sur « les raisons pour lesquelles les arts s’épanouissent dans les villes (petites / en milieu rural) ». Les facteurs comprennent la reconnaissance par la collectivité de la valeur des arts et du patrimoine, des champions individuels, des événements catalyseurs, des organisations de leadership, une couverture médiatique, des activités artistiques régulières, une « masse critique d’artistes », un financement, un soutien organisationnel, etc.

Cet examen décrit également la variété d’effets sociaux, culturels, économiques, sanitaires, psychologiques et interpersonnels possibles des arts. Que ce soit par une participation directe dans les arts, par la participation du public ou par la présence d’artistes ou d’organismes artistiques, les arts peuvent aider à :

· bâtir des relations interpersonnelles et promouvoir le bénévolat;
· réduire la délinquance chez des jeunes à risque élevé;
· dissiper le stress;
· améliorer le sentiment d’appartenance et d’attachement;
· développer une identité et une fierté communautaire;
· bâtir des réseaux sociaux;
· augmenter la tolérance des autres;
· favoriser un « milieu créatif qui encourage la croissance économique dans les industries créatives »; et
· augmenter l’attrait de la région pour les touristes, les entreprises, les nouveaux habitants et les investissements.

Six catégories d’initiatives stratégiques sont énumérées dans ce rapport :

· « acceptation par la communauté et prise en charge locale;
· mobilisation des jeunes;
· développement de leadership;
· financement;
· éducation et partenariats; et
· mise en œuvre et autres études ».

La série comporte également des profils de certaines collectivités rurales au Canada ainsi que des rapports de l’Australie, des États-Unis et de l’Europe. 

Recherche: Atouts, difficultés et défis des entreprises culturelles d’économie sociale en milieu rural

Le sujet des entreprises culturelles d’économie sociale en milieu rural étant peu exploré, ce cahier de recherche a comme principal objectif d’apporter de nouvelles connaissances sur ce type d’entreprises. Il comporte deux parties. D’abord une revue de littérature sur les entreprises d’économie sociale, enrichie d’un volet culturel et rural qui en est l’aspect le plus novateur. Ensuite sont présentés les premiers résultats de recherche sur ces entreprises d’économie sociale œuvrant dans le secteur culturel de la MRC de Brome-Missisquoi. Ils sont axés surtout sur les atouts et difficultés de ces entreprises. Cinq dimensions sont explorées : 1) les ressources humaines; 2) les ressources financières; 3) les retombées multiples pour le milieu; 4) l’intégration des populations; 5) les spécificités rurales.

Des ressources pour favoriser le développement des arts et de la culture en région

Avec son vocabulaire spécifique, ses nombreux acteurs et ses multiples types d’activités, la culture est un système complexe. Pour l’élu qui n’est pas nécessairement un spécialiste de la question, il est parfois difficile de s’y retrouver.

La valise culturelle de l’élu municipal vise à accompagner les élus responsables des dossiers culturels dans l’exercice de leurs fonctions. Qui sont les principaux intervenants dans le système culturel ? Quel est le rôle de la municipalité en matière de culture ? De quels outils de planification et de gestion dispose-t-elle pour intervenir dans ce secteur ? Quels sont les programmes de partenariat financier existants ?

Tant l’élu que le fonctionnaire, qu’ils soient nouvellement en poste ou plus expérimentés, devraient être en mesure de trouver des réponses à leurs questions en consultant La valise culturelle de l’élu municipal.

Villes et villages d'art et de patrimoine

Le réseau Villes et villages d'art et de patrimoine regroupe différents partenaires à l'échelle nationale. Sa mission consiste à développer et promouvoir les ressources culturelles du milieu dans une optique de développement culturel territorial.

Villes et villages d'art et de patrimoine vise également la création d'emplois spécialisés dans le domaine culturel.

Le ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine du Québec, dans le cadre de l'entente ciblée Villes et villages d'art et de patrimoine, assure jusqu'à 60% de l'embauche d'un agent culturel dans une municipalité ou une MRC. De son côté, l'Université Laval se charge de la formation, de l'encadrement pédagogique et de la mise en réseau des agents de développement culturel embauchés par les divers promoteurs, qu'il s'agisse de municipalités régionales de comté (MRC), de municipalités ou de conseils de bande.

Coup d'oeil d'artistes sur le monde rural

Deux initiatives fort intéressantes. Une première, québécoise, les Laboratoires artistiques de développement local du réseau Les Arts et la Ville.

" L'aventure des Laboratoires consiste à orchestrer les conditions d'une lecture originale d'une municipalité sous la forme d'une ballade d'une journée entre un élu et un artiste, autour de préoccupations de développement local vécues par la municipalité hôte. L'expérience ne débouche pas nécessairement sur des réalisations concrètes; il s'agit avant tout d'un espace d'idéation et d'échanges. C'est d'ailleurs là que r.side l'originalité de la démarche: dans le croisement de vision qui, d'ordinaire, se rencontrent peu ou pas."

Une deuxième, française, une résidence d'artiste en milieu rural. La Métive dans la région du Limousin, un concept plutôt rare en campagne.

" La Métive est une structure artistique qui existe depuis 2002. Nous sommes situés dans le village du Moutier d’Ahun, dans le département de la Creuse, en région Limousin en France. Nous accueillons des artistes du monde entier et issus de toutes les disciplines artistiques (danse, théâtre, musique, photo, vidéo, arts plastiques…). Nous mettons la structure à leur disposition pour qu’ils puissent réaliser un projet."

La Métive met à disposition de l'artiste Gîte et couvert pendant une période variant d'une semaine à un mois en échange de l'organisation d'un rendez-vous public pour présenter le travail réaliser. Les artistes rencontrent les habitants et leur présentent en avant-première leurs créations, souvent autour d’un verre, dans une ambiance conviviale propice aux échanges.

Le patrimoine paysager de l'Estrie

Le Comité du patrimoine paysager estrien (CPPE) regroupe une douzaine d'organismes et de ministères qui ont à coeur la protection des paysages. Elles souscrivent à l'importance de préserver les éléments du patrimoine paysager estrien en tant qu'outil de développement économique, culturel et touristique.

Le CPPE veut sensibiliser, informer et promouvoir la préservation et la valorisation du patrimoine paysager estrien auprès de la collectivité régionale

Nouvelle publication
Paysages estriens vient d'ailleurs de faire paraître le guide "Paysages du Québec : manuel de bonnes pratiques", réalisée en partie dans la région par Katerine Boisclair, architecte paysagiste résidant à Ham-Sud, et Geneviève Destroismaisons, graphiste à Danville.

Selon Marie-Claude Robert, de l'Association des architectes paysagistes du Québec, ce nouvel outil permettra à ses utilisateurs de se questionner sur la place des paysages, car actuellement ceux-ci ne sont pas toujours pris en compte lors de la planification et du développement de projets. Ce manuel permettra donc une véritable réflexion sur nos paysages avant l'intervention ».

Le patrimoine religieux

Quand on parle de culture en région, il faut aborder la question du patrimoine religieux. Les églises sont souvent les biens culturels les plus importants d'un milieu, tant par leurs murs que par leur contenu. Dans de nombreuses communautés au Québec, l'avenir des églises est un enjeu majeur.

Voici quelques liens d'intérêt pour stimuler la réflexion.

 

Fondation du patrimoine religieux du Québec

« La Fondation a pour mission d'aider les représentants de communautés et de traditions religieuses, propriétaires d'édifices, de biens mobiliers et d'œuvres d'art d'intérêt patrimonial, à assurer la conservation et la mise en valeur de leurs biens patrimoniaux par la restauration et l'entretien préventif. » On trouvera sur le site Internet une gamme de ressources et de publications sur le sujet.

La Fondation est également l’éditeur d’un autre site, Les lieux de culte du Québec - www.lieuxdeculte.qc.ca, qui dresse l’inventaire des lieux de cultes au Québec et qui donne accès à une fiche d’information et des photographies pour chacun des édifices religieux érigés avant 1975.

La conversion des églises au Québec, un siècle d’expérience(s)

Ce numéro d’ARQ, architecture-Québec explore différents exemples de transformation d’une église « afin de maintenir son statut d’oeuvre architecturale dans la société moderne (et laïque) d’aujourd’hui et de demain ».

« Recycler, selon la définition courante, c’est soumettre quelque chose à un recyclage et, plus précisément, à un nouveau passage : sous cet angle, l’architecture est conçue comme un cycle de traitements, appliqués à intervalles plus ou moins réguliers, en vue de permettre l’utilisation - on parle alors de « réutilisation » - des espaces construits et des bâtiments et de ramener ceux-ci, selon les sensibilités changeantes des époques, à leur état initial d’œuvres architecturales. (…) Bien en amont, la « conversion », elle, relève du sens qu’on accorde à ces choses. C’est ce procédé de conversion qui est directement en cause lorsqu’un bâtiment perd toute signification, au point d’être démoli : ainsi en fut-il des églises devenues bars ou discothèques, à Shawinigan (Christ-Roi) et à Hull (Our Lady of the Annunciation). »

(…) « La conversion, dès lors, concerne la compatibilité des fonctions – compatibilité fonctionnelle et compatibilité symbolique – de l’église et de ce qu’il pourra en advenir. Mais, plus encore, elle doit être le fait d’une reprise : l’avenir des églises se mesurera à notre capacité collective de prendre à nouveau, ce qu’on a cessé d’avoir, ce qu’on a abandonné, ce qu’on a laissé s’échapper. C’est à ce prix seulement que la conversion pavera la voie d’un recyclage réussi : or, reprendre les églises et les approprier revient, au-delà des accessoires questions de propriété, au geste architectural qui, seul, pourra redonner les églises à notre époque et les vouer à un avenir autre, un avenir dans lequel elles auront du sens. »

Séminaire régional de Lanaudière sur la mise en valeur des églises

Ayant eu lieu le 1er juin dernier, le séminaire régional de Lanaudière sur la mise en valeur des églises rassemblait différents acteurs de la région de Lanaudière et avait pour objectif d’identifier des solutions concrètes pour sauvegarder le patrimoine religieux par la voie d’une concertation régionale.

Avec le concours du CLD de Montcalm, nous rendons disponible sur le portail Mes Sources, le cahier du participant de l’événement. Les résumés de conférence et les coordonnées des personnes-ressources pourront certainement alimenter la réflexion dans la MRC des Sources. Un DVD doit être produit à l’automne à partir des échanges nés de la rencontre.

« Nos églises occupent une place prédominante dans le paysage de nos campagnes et de nos villes ; elles habitent notre imaginaire et sont définitoires de notre identité. Ces monuments constituent bien souvent la principale fierté de nos régions : ce sont nos châteaux. Mais, l’avenir de ce patrimoine suscite de nombreuses réflexions au Québec depuis quelques années. La région de Lanaudière n’échappe pas à cette réalité. »

« En effet, un grand nombre de fabriques traversent présentement une période très difficile en regard de la gestion financière du patrimoine bâti dont elles ont la responsabilité. Il devient donc urgent de trouver des solutions pour éviter que nos églises souffrent davantage de cette situation qui n’ira pas en s’améliorant avec le temps. »

« Pour amorcer la réflexion sur l’avenir des églises dans Lanaudière, la Fabrique de Saint-Jacques et la Chaire de recherche du Canada en patrimoine urbain de l’ESG-UQAM, se sont associées pour organiser ce séminaire, rencontre d’exploration et de motivation qui s’adresse principalement aux élus municipaux et ceux des fabriques, aux gestionnaires du cadre bâti et aux activistes du patrimoine de Lanaudière. Il a pour objectif d’identifier des solutions concrètes pour sauvegarder notre patrimoine religieux par la voie d’une concertation régionale. »

« Cette journée de réflexion permettra de découvrir comment, dans plusieurs régions du Québec, des paroisses, des municipalités, des MRC et des acteurs du patrimoine ont entrepris de conserver et de mettre en valeur leurs églises sans plus attendre. Ces expériences — qui font l’objet des conférences — permettront d’alimenter les discussions en atelier dont l’objectif est de lancer une réflexion et des chantiers régionaux sur quatre thèmes :

  1. Les régimes de propriété : caractéristiques et potentialité
  2. Les outils réglementaires qui facilitent la conservation des églises
  3. Construire la notoriété : patrimonialisation et mise en tourisme
  4. La gestion et les structures financières »

Les églises du Québec - Un patrimoine à réinventer

Résumé du livre : « En 2004, on comptait au Québec près de 3 000 lieux de culte. Bien plus qu’ailleurs, ces églises ont profondément marqué le développement du paysage construit des villes et des villages et imprègnent l’imaginaire collectif des habitants et de leurs visiteurs. C’est ce qu’on appelle un patrimoine. Mais plus de la moitié d’entre elles seront désaffectées dans cette première décennie du XXIe siècle. Les paroisses, unités de base du territoire québécois, sont remodelées, élargies, renommées ; les églises, vendues, converties ou démolies ; peu de jours passent sans que l’une ou l’autre ne fasse la manchette. On savait déjà, dans les années 1960, qu’il y en avait beaucoup trop ; en restera-t-il quelques unes pour les générations futures ? »

« Dans le contexte du « tout patrimonial » qui requiert de l’État des fonds qu’il n’a pas, cet ouvrage, propose une réflexion sur le temps long du patrimoine. On y découvre, du XVIIe siècle au XX, le caractère identitaire changeant de ces hauts lieux de l’investissement collectif ; à travers les épopées de l’édification et de la conservation des églises, les auteurs nous convient à un récit sur l’imaginaire québécois. Et sur ses avatars, qui nous ramènent aux mésaventures universelles du patrimoine ; Les églises du Québec, un patrimoine à réinventer conduisent alors sur les chemins nouveaux de la patrimonialisation, là où les monuments ont un avenir. »

Libre opinion: Reprendre en main l'avenir des églises du Québec

Un article percutant d’une des auteurs du livre « Les églises du Québec, un patrimoine à réinventer » qui expose sa vision du changement majeur de perception imposé par la vague de fermeture des églises au Québec. « Au Québec plus qu'ailleurs, les églises, surtout catholiques romaines, ont profondément marqué le développement rural et urbain, distinguent le paysage construit des villes et des villages et imprègnent l'imaginaire collectif des habitants et de leurs visiteurs. Mais voilà que la réduction du nombre de pratiquants et, surtout, l'émaciation de la population cléricale mettent en péril ce patrimoine. » (..) « Plus profondément, on doit permettre à un nombre de plus en plus grand de Québécois de considérer les églises comme occupant une place importante dans leur imaginaire, dans la spatialisation de leur identité, bref, dans leur patrimoine: il faut patrimonialiser les églises. Ce grand chantier social, logé sous le thème de la «reprise» physique et imaginaire de nos églises, repose sur deux piliers. L'entreprendre, c'est d'abord transférer à la société civile la propriété des églises -- pas pour les confisquer mais pour les sauver, comme on protège nos rivières et nos forêts -- et aussi reconnaître qu'on ne sauvera guère plus de 40 % d'entre elles, celles dans lesquelles une collectivité projettera son avenir, c'est-à-dire celles pour lesquelles on aura d'abord trouvé, à court et à long terme, un usage. »