De la micro-expérimentation à la macro-transformation
Par Olivier Brière le 29 juin, 2010 - 15:30.
Une communication très intéressante trouvée sur le site Internet Actu qui présente des échanges autour du thème de l'innovation sociale et la possibilité de reproduire à une échelle plus grande des projets expérimentés sur une base locale.
"L’innovation sociale se présente souvent comme un ensemble de micro-projets isolés, comme autant d’actions concrètes sur un territoire donné dans un temps limité ayant une action circonscrite. Elle pose la question, comme nous le signalions l’année dernière en énumérant les limites de l’innovation sociale, du passage à l’échelle, de la pérennisation des actions et de leur généralisation pour dépasser les projets de proximité…" [...]
"Comment passer des micro-projets à une macro-transformation ? François Jégou commence à montrer la valeur de toutes les expériences collectées à travers le monde. “Dans l’acupuncture, il faut sélectionner un nombre de points réduit pour activer un effet systémique. Le but est de soigner l’ensemble du corps en activant un nombre limité de points…” (...)
“Dans l’innovation sociale, c’est un peu la même chose : il faut identifier les synergies qu’il faut activer pour avoir un effet systémique. Cela suppose d’avoir un cadre, un framework, une stratégie pour achever la transformation via un réseau de micro projets.” Bref, plutôt qu’une dissémination sans fin de projets, il faut articuler une stratégie à une politique publique."
Un peu plus loin : "Le Nesta, l’agence de l’innovation britannique ne dit pas autre chose dans son rapport sur Le localisme de masse (.pdf) en évoquant le passage à l’échelle des projets locaux. Au lieu de supposer que la meilleure des solutions doive être déterminée, prescrite, conduite ou agrégée depuis le centre, les décideurs devraient créer plus de possibilités pour que les communautés développent et trouvent leurs propres solutions. Diminuer la bureaucratie et le contrôle ne suffit pas pour permettre à l’innovation locale de s’épanouir. Le localisme de masse dépend d’un autre mode d’accompagnement : offrir le bon type d’opportunité, de conseil, de soutien à des communautés d’origines diverses permet de les faire participer plus activement à des projets locaux qui répondent à une question sociale. Les gens ont plus tendance à s’impliquer si les projets sont véritablement locaux plutôt que nationaux. Pour passer à l’échelle, conclut le Nesta, il faut générer beaucoup plus d’actions locales et de manière systématique."
