Appartenance, identité et territoire vécu : des notions centrales au développement des communautés
Par Olivier Brière le 14 avril, 2009 - 14:07.
Un excellent article de Jacques Caillouette de l'Université de Sherbrooke, auteur d’un récent rapport de recherche sur le développement des communautés en Estrie.
Souvent, lorsque nous pensons à la mobilisation de ressources pour lancer le développement, nous pensons à des ressources matérielles ou humaines afin de donner des moyens à nos projets. Ces ressources sont centrales, qu’elles soient internes ou externes aux communautés. Elles sont, comme on le dit, le nerf de la guerre. Sans moyen, sans support formel, une action à la longue s’essouffle et périclite.
Ceci dit, en conjonction avec la mobilisation de ces ressources, et comme levier à celles-ci, il faut penser à la mobilisation de ressources identitaires, c’est-à-dire que les acteurs, porteurs de l’action, puissent s’identifier et s’investir dans des identités territoriales qui donnent sens à leur motiva- tion et à l’orientation de leurs efforts.
[…] le développement des communautés consiste, dans l’action, à mobiliser des identités qui transforment un espace physique objectif en communauté d’appartenance et d’engagement pour les personnes, les organismes et les institutions y résidant ou s’y investissant. Nous pouvons encore dire que le développement des communautés se définit comme le passage d’une logique d’actions éclatées sur un territoire à un processus, de territorialisation de l’action à partir de ce territoire.
Les notions subjectives d’identité, de territoires vécus, de sentiment d’appartenance et d’engagement sont donc au centre de notre propos. […] Le territoire vécu est le contraire d’habiter un lieu comme si on n’en faisait pas partie, comme si on n’y était pas. C’est le contraire, autrement dit, du rapport utilitaire ou fonctionnel au milieu d’habitat ou de vie.
Or, le développement des communautés consiste justement à bâtir ou à consolider la force de ces territoires vécus, à injecter de la subjectivité dans des rationalités qui, trop froides et laissées à elles-mêmes, brisent la subjectivité et l’engagement des populations, des intervenants et des organisations au plan local qui sont au service de ces populations et du développement de leur communauté.
